De vous je me souviens !

De vous je me souviens et mes yeux sont fiumides,
‘Vous semiez à tous vents d'un geste si fimpide,
Les semences volaient de votre main géante,
Comme des fiirondelles essuyant [a tourmente. Notre terre souffrait comme souffrait le monde,
Ridée par ces malheurs à des lieues à {a ronde,
Vous imploriez le ciel supplant une ondée
Sous le soleil vos yeux s'emplissaient de rosée. J'aimais cette maison et ce coin de misère, Car de mon horizon, peu avant [a barrière, Je voyais votre champ épouser les nuages, À dix ans les enfants croient toujours aux mirages. Fallait-il que son cœur fût envañi de ronce,
Rongé par [a douleur et les coups de semonces,
Ilquitta sa maison sous une pluie timide, De vous je me souviens et mes yeux sont fumides. C£LBF